Marathon de la Vie - 2016

Marathon de la Vie

L’automne pointe son nez,
il faut penser à participer
au marathon de la vie, allez !

C’est pas avec des poésies comme ça que je pourrais gagner ma vie…
Mais faire de la pub pour cette course humanitaire, c’est déjà bien (les fonds récoltés sont utilisés pour la recherche contre le cancer).

Nous voici donc au parking du cosec à 8h00 ce dimanche 18 septembre, 4 équipes formées par notre organisatrice de l’année, Claudine. Nous sommes 12 volontaires, décidés à avaler de la poussière. Le marathon est une course relais de 4 personnes en théorie, sans chrono. Nous sommes 12 pour 4 équipes de 4… quelqu’un aurait-il oublié ses tables de multiplication ? Non non, on a juste des accros à l’effort qui veulent faire 2 parcours au lieu d’un. Les « anciens » de la course évoquent avec amusement « la petite voiture verte » de Nelly qui avait fait des siennes (la voiture, pas Nelly) en 2013.

Il y a quelques trucs compliqués à comprendre si tôt, mais Brigitte O s’en sort bien (pour courir et prendre son maillot, elle doit s’appeler Marie-Jeanne car elle la remplace, mais on ne sait pas si elle est inscrite sous son nom d’épouse ou de jeune fille, faut peut-être savoir sa date de naissance…).
Bref, on la laisse mémoriser tout ça pendant le trajet jusqu’au centre Eugène Marquis. Cette année, toujours beaucoup de monde devant le centre, ça se bouscule pour attraper son maillot (technique vert cette fois). On aperçoit quelques joggeurs du Rheu, venus avec d’autres équipes. Après le discours du parrain (un auteur de BD qui a écrit son ouvrage – livre a été primé ensuite – ici sur son lit d’hôpital), le départ est donné et le flot vert envahit les rues de Rennes.

Ca commence bien pour 2 équipes : leur 1er coureur veut faire deux parcours, donc les deux chauffeurs peuvent aller directement à Saint Erblon (sans passer par la case St Jacques). Heu, je demande à Claudine avant qu’elle parte si St Erblon est bien à côté d’Orgères, histoire de ne pas emmener la voiture de Brigitte B jusqu’à Nantes… Elle me répond par l’affirmative, donc je pars avec Françoise. Elle doit être au repos avant un marathon prévu dans une semaine, ça tombe bien qu’elle ne se considère pas au repos aujourd’hui car je crois qu’elle va courir sur un parcours bien pentu… Dans la voiture, pas de carte routière (ni de gps car voiture ancienne), j’ai bien fait de poser ma question. Après quelques hoquets en route, je finis par comprendre la mécanique du véhicule.

A St Erblon, le site est sympa et champêtre. Mais l’attente est longue et l’air est frais sous les arbres. Le stand de ravitaillement et son café sont appréciables. Des musiciens arrivent et nous aident à patienter agréablement. Je me dis qu’on aurait pu amener un jeu de cartes. Les toilettes sèches sont amusantes à regarder, surtout celles des hommes : une sorte de pot à fleur en terre, inséré de façon inclinée dans une palissade
(avec un réservoir derrière celle-ci). Le mode d’emploi a dû être donné aux premiers usagers, car ils l’utilisent. Plus tard, je me rends compte que soit les hommes font la queue pour aller aux toilettes sèches, soit ils arrosent l’incontournable haie la plus proche. On ne va quand même pas aller expliquer à ces messieurs qu’ils doivent viser le pot à fleur !
Patrick B, l’un des premiers Rheusois à franchir la ligne, nous conseille d’être patient car il a vu Edith s’arrêter pour papoter avec un musicien le long du circuit. Il a aussi aperçu Brigitte discuter chaussures de course avec un type étrangement chaussé de « palmes à doigts » (chaussures minimales, recouvrant juste les pieds – super pour les articulations et le dos !). Bref, sont pas stressées nos coéquipières.
Enfin, j’aperçois Brigitte qui essaie de sortir du sas surpeuplé de relayeurs. Françoise prend sa suite.

Nous repartons pour la campagne d’Amanlis (relais entre deux fermes). Là-bas, je prends un maillot vert et vais utiliser d’autres toilettes sèches, mais sans pot à fleur, c’est moins drôle. Nous attendons près du ravitaillement, des musiciens sont là aussi. Manque de chance, on tombe au moment où ils sortent une espèce de biniou à pédale… à 20 mètres de nos oreilles ! Je finis par boucher les miennes qui sont déjà usées et je vois bien que Brigitte aussi fait la grimace. Quand la musique s’arrête, la réaction de l’auditoire est spontanée et hilarante : un « ah ! » de soulagement général retentit. J’ai un peu honte de moi et je plains les pauvres musiciens, mais bon sang que ça fait du bien quand ce truc s’arrête ! On en rit bien ensuite. Brigitte aperçoit ensuite de nouveaux coureurs dingues : ils sont pieds nus. Je pense alors aux processions de pénitents espagnols et je demande ce que ces hommes ont bien pu faire de mal pour se sentir obligés de courir ainsi (à moins que ce soit juste un pari débile).

Françoise arrive alors et je pars à mon tour dans le chemin creux, même pas échauffée  (sauf mes pauvres oreilles). Ca grimpe un peu, bien fait pour moi si je souffre. En fait, j’ai vite chaud, mais je trouve mon rythme habituel.
Deux coureurs me dépassent et l’un se retourne en me disant :
« Accroche-toi !»
Je le prends au mot et rétorque en faisant mine d’attraper son maillot :
– Je veux bien, mais ça risque d’être dur pour vous.
Son copain ajoute pour expliquer :
– Accroche-toi jusqu’au bout. »
J’ajouterais bien une autre vanne, mais bon, ils pourraient mal l’interpréter… De toutes façons, j’ai peut-être l’air de peiner, mais même pas vrai d’abord.

Nous traversons le joli bourg d’Amanlis et, à la sortie, le fameux et joli chemin creux est là, fidèle au poste : une belle côte longue, suivie d’un plat et au virage suivant nouvelle montée. Même pas peur d’abord ! Au bout du chemin, un ravitaillement est super bien placé. Je commence par apercevoir 2 bassines remplies d’eau posées en hauteur, ça tombe pile, je rêvais d’une douche. Je demande sérieusement aux bénévoles si elles sont destinées aux chiens ou aux coureurs. Une dame me répond sur le même ton qu’ils ne sont pas du genre à avoir des chiens de chasse. Je conclue ma blague en disant qu’il faudrait déjà de grands chiens !
Plus loin, j’aperçois Boris, un coureur du Rheu (ou de Le Rheu, au choix) qui cherche désespérément un membre du club avec qui courir. Le pauvre, il est obligé, pour discuter avec moi, de prendre mon allure de mémère…

Nous arrivons enfin à Piré sur Seiche, étape finale du marathon. Nos coéquipiers arrivés en voiture nous accueillent près de l’église, lieu de rendez- vous prévu pour courir tous ensemble le dernier kilomètre. Il manque les personnes qui étaient ensemble dans une voiture : Brigitte, Edith et Françoise. On les attend. Je demande si l’un de nous a leur numéro de téléphone, mais non. Je demande aussi si elles étaient au courant du lieu de rendez-vous… Quant à moi, mon téléphone est inutile, éteint au fond d’un sac dans le coffre de cette voiture ! Les coureurs des deux autres équipes arrivent, on devrait pouvoir faire nos foulées finales, mais nos trois coureuses sont encore manquantes. Tant pis, on y va. Près de la ligne d’arrivée, nos trois fantômes nous saluent et nous rejoignent. On finit ces derniers mètres en rigolant bien de cette mésaventure.
Après l’indispensable collation (il est toujours là ce délicieux pain aux fruits secs, chouette), on fait une photo souvenir. Puis, on rejoint nos trois véhicules, tous garés sur « la route » (précieuse info donnée par les conducteurs).

Près de l’église, on entend un gros boum (deux voitures qui se sont télescopées). On continue notre chemin vers « la route » (direction Chateaugiron, ce qui tombe bien car on doit repartir par là). Mais arrivés aux voitures, on se rend compte qu’on a encore perdu deux joggeuses (sans doute occupées à regarder l’accident alors que nous, on empruntait « la route »). Claudine souhaite alors confier l’organisation de cet événement à celui qui le voudra l’année prochaine ; ce qu’elle devrait faire avec plaisir. Heureusement, un petit coup de fil, sans fil désormais, et on retrouve les deux disparues. En attendant, je ramasse d’énormes noisettes (c’est mieux que de shooter dedans bêtement). J’allume enfin mon téléphone et je reçois un message d’une amie proposant un tour à vélo cet après-midi. Heu, faut p’tèt pas exagérer, non ?

En partant, Brigitte propose à nos comparses de se retrouver à l’église du Rheu, histoire de montrer qu’elle a bien retenu le lieu du rendez-vous. Ah, la bonne blague ! Le retour se fait sans problème, en papotant. Arrivée à la maison vers 15h00, je réfléchis à ce que je pourrais manger, pas facile à cette heure. Je finirai mon repas par les noisettes de Piré sur Seiche, dessert bien mérité je trouve.

Voilà une autre « aventure marathonnienne de la vie » qui s’achève. Ca nous a pris un peu de temps, ça nous a amusés, ça nous a fait voir de jolis paysages, ça nous a fait rencontrer des gens et ça a surtout été une bonne action.
Avis aux candidats l’an prochain !!!

Laurence