Marathon de Munich - 2013

Munich, au COEUR de la Bavière (Marathon de Munich 2013)

C’est la bouche en cœur que nous nous envolons pour 4 jours à Munich, Pascal B, Franck L, Edith et Philippe M (accompagnateur) et c’est avec le camion incendie de Grasbrunn que Dieter vient à notre rencontre à la Hauptbahnof de Munich (gare centrale). Cela s’annonce chaud !

En route, les footeux s’enflamment devant le stade l’Allianz-Arena. Moins vite Dieter ! Y’a pas l’feu !

A 17 km de Munich, se situe ce fameux village de Grasbrunn, annoncé par un panneau qui nous est familier au Rheu depuis des années et pourtant devant lequel nous passions jusqu’alors avec indifférence. Nous arrivons à la caserne située au sein de la mairie. La signalisation indiquant la direction « Le Rheu 1150 km » nous amuse. On ne sait pas où on va, mais on sait par où s’enfuir !

Là, le comité de jumelage bavarois nous accueille très chaleureusement dans la salle d’honneur de la Mairie : vin pétillant, bretzels au beurre. Nul doute qu’on nous attendait et ça fait chaud au cœur. Viennent d’arriver également quelques supporters du comité de jumelage Rheusois. Les uns et les autres font connaissance autour d’un verre (de l’eau pour nous, oui, la torture ne fait que commencer). Monsieur le Maire, Klaus Korneder, aidé de son interprète Ingrun, ancienne présidente du comité de jumelage, nous fait visiter les salles de la mairie (dont les murs sont ornés de cadeaux bretons) et nous explique la configuration de Grasbrunn : commune boisée composée de cinq entités. Au beau milieu de ce mixage germano-franco-anglais, un joli petit accent québécois se fait entendre : c’est Bernise, nouvelle présidente du comité, qui jouera souvent le rôle d’interprète, d’organisatrice et de joyeuse animatrice sur toute la durée du séjour.

Nous prenons contact avec nos familles d’accueil avec qui nous passerons la première soirée. Nous nous sommes tous fait choucrouter, heu…chouchouter ! Franck, chez Alexandra et Reinhard, a suivi un match à la télé en compagnie de Reinhard, un véritable fan du Bayern de Munich. Autour des Klosse ou Semmelknodel” (boulettes de pain / lait / oeufs), Pascal a fait connaissance avec Monika et Dieter, ainsi qu’avec deux de leurs trois filles (la plus grande est étudiante à Grenoble), discutant de leur famille, de sport, de la Bretagne et la Bavière…. Le tout en « franglais » : la tablette venant à leur secours de temps en temps pour les traductions express. Walter a emmené Edith et Philippe au restaurant à Munich dans un jazz club : la musique est un langage universel.

Vous vous demandez de quelle manière on communiquait le plus souvent ? On tente quelques mots en allemand, puis quelques mots en anglais, pour très vite revenir au français. Les allemands préfèrent tout compte fait qu’on parle français ! On ne se l’explique pas ! Ceux de notre génération possèdent pour la plupart des bases en français, voire souvent plus. Autrement, le mime est parlant aussi.

Rendez-vous pris le lendemain pour une sortie restaurant en basse montagne via un ancien monastère. Le sol recouvert de neige contraste avec les couleurs de l’automne. C’est le retour des bergers, avec leur costume traditionnel, les serveuses portent aussi leur habit bavarois (forte identité partout). On sent que la Bavière est un land à part. La bière coule à flot, les plats copieux défilent, nos interprètes (merci Annie) sont là pour nous guider dans le choix de nos menus. Quoi… ne pas manger, ne pas boire ? Nous faut-il vraiment courir un marathon ? Plus rien n’est sûr.

Puis, visite d’une raffinerie de Whisky. Décidément de moins en moins sûr !!!

Le soir venu, la pasta-party nous rappelle à l’ordre. Zut, ils n’ont pas oublié ! On ne peut plus reculer. Toute cette ambiance très conviviale, ces douceurs, ne riment pourtant pas avec l’effort et la douleur qui nous attendent. Nous n’avons plus le cœur à l’ouvrage.

Avec Heins, le seul représentant de Grasbrunn à nous accompagner sur le marathon, nous sommes les héros d’un soir. Pas question de se défiler. Heins est l’objet de nos taquineries : il boit de la bière, du vin…. Alors que nous, incorruptibles bretons, toujours à l’eau ! Les pronostics vont bon train. Puis, Walter s’empresse d’aller chercher une de ses bonnes bouteilles de vin qu’il souhaite partager. Reinhard se donne à cœur joie de nous jouer de l’accordéon, pendant que nous engloutissons nos spaghettis parfaitement cuisinés par des cuisinières attentionnées. Monsieur le maire a revêtu son bel habit bavarois pour la circonstance. Les échanges sont simples, enthousiastes… une constante bonne humeur.

Puis, s’annonce le jour J. Savons-nous encore courir ? Pire, nous mouvoir ! Depuis vendredi matin, nos moyens de locomotion se limitent à la voiture, l’avion, le train, le camion. Cependant, le cœur au ventre, nous nous préparons pour des festivités d’un nouveau genre !

RECIT DU MARATHON :

Pascal : Enfin le marathon de Munich va pouvoir débuter. Huit semaines d’entrainements pour tenter de finir cette épreuve aux alentours de 3H30mn. Cela sera déjà mon dixième marathon mais le premier à l’étranger.   Arrivés dans la parc olympique de  Munich, malgré les rires et notre décontraction apparente, la tension monte au fur et à mesure que le départ des athlètes approche.
Enfin le départ est donné,  Olympiapark, jardin anglais, Marienplatz, l’Hôtel de Ville, l’Opéra, la place de l’Odéon, Porte de la Victoire, la rue Léopold Schwabing seront quelques endroits que nous emprunterons durant les 42,195km de ce marathon.
Bien calé dans le groupe du meneur d’allure en 3H30, les premiers kilomètres sont tranquilles et rassurants.  La vue des supporters Rheusois agitant fièrement le drapeau Breton me fait énormément plaisir. Au 18ème km, je décide de quitter le groupe et j’accélère. La course se déroule correctement jusqu’au 30ème km. Le coup de mou tant redouté par les marathoniens me scotche sur place : il reste encore 12 bornes !!!
Sur une partie du parcours,  les coureurs se croisent.
Sans mes lunettes accrochées au short, au km36, je distingue difficilement les marathoniens du 32ème km arrivant en face …..  lorsqu’ un point jaune et noir arrive : une guêpe ??? mais non c’est  Edith
– ça va Edith ?????
– Youpi génial et toi Pascal ??
– Bof !!!
La vue d’Edith heureuse, virevoltant sur le macadam contraste avec mon état physique à ce moment là. Le groupe des 3H30 me double à son tour sans que je puisse suivre l’allure.
Les derniers km seront difficiles mais la vue du stade Olympique , le passage dans le tunnel et le tour de piste à l’intérieur de stade …. me font vite oublier toutes les difficultés endurées. Je  franchis la ligne en 3H37mn .
Nous avons bien mérité, avec Edith arrivée juste quelques instants après moi, de déguster une bonne bière bavaroise …..
Ce marathon était magistral et restera gravé dans ma mémoire.

Edith : La tête habitée par la joie du week-end, je prends le départ pour une ballade du dimanche matin dans la verdure ensoleillée. Rapidement, cette course revêt une allure de fête : tous ces gens venus nombreux nous soutenir tout au long du parcours, les pom-pom girls, ces musiques à chaque coin de rue…Les émotions traversent mon corps pour apaiser le dialogue entre ma tête et mes pieds, pour transformer mon cœur en boîte à rythme et mes jambes en baguettes de tambour. Et puis des échanges très sympas, le jeu consistant à deviner la nationalité de l’autre. Un français m’offre la visite guidée du centre historique de Munich. «  Là, c’est l’Hôtel de Ville », «  Ah bon, c’est pas la cathédrale ?!! » Puis, j’apprendrai au bout de 5 km qu’en fait ce français est allemand ! (trop forts ces allemands !). En plusieurs lieux, le petit drapeau breton s’anime au-dessus de la foule : merci le comité rheusois ! La chorégraphie de notre défilé a voulu que Pascal et moi nous nous croisions. Bonne nouvelle, nous nous sommes reconnus !

Tout se déroule bien mais j’ai quand même dû gérer quelques désagréments : un lacet défait (les vélos roulent sur les trottoirs, rendant l’opération périlleuse) et surtout, je me suis trompée de route : j’ai vécu l’arrivée du 1er relais  au 21e km, au milieu d’une foule en délire. Panique, tout le monde s’arrêtait ! Il a vite fallu rebrousser chemin gênant les coureurs en plein sprint ! A connaître par cœur : un relais se dit en allemand « staffel », ça peut servir.

Au 37e km, mon euphorie se calme. Et puis, après un petit passage sous-terrain ambiance boîte de nuit, c’est l’arrivée confortable dans le stade olympique, où nous attendent bière et bretzels appétissantes ! Un délicieux marathon qui met du baume au cœur ! Mais quand même, il est passé où Francky ?!?!

Franck : j’arrive, j’arrive !
Après ma hantise de prendre l’avion (bien que Pascal ait su me réconforter en me rappelant qu’une fois dedans il n’est plus possible de faire marche arrière), c’est sur la terre ferme que m’attend une deuxième épreuve : celle du marathon. Cela fait des mois que j’attends ce moment ! Pourtant, du fait de mes blessures de l’année passée, ma préparation n’a pas été des plus sereines. Comme Pascal, c’est mon 10e marathon et également mon premier à l’étranger.

Au traditionnel coup de canon, je prends le départ avec Heins. Nous faisons route ensemble durant 13 km. Je suis rassuré de ne pas partir seul, les départs sont toujours difficiles pour moi. Puis, Heins me fait signe de partir, que je suis trop rapide pour lui. Peut-être l’effet de son régime particulier ! Je lui demande « bière, vin rouge ? », Ja ja !!! répond-il en montrant son ventre.
Il est vrai que les jardins anglais m’ont mis en jambe. Mais, mais, au 32e km, ces jambes deviennent dures comme du betton. L’énergie revient au 40e lorsque je vois Philippe qui a eu le courage de m’attendre. L’énergie est décuplée lorsque j’entends les haut-parleurs. Enfin le stade ! Au moment de franchir le stade olympique, j’ai des frissons partout. Tellement content d’arriver, je parcours les derniers mètres en levant des bras triomphants, pour être accueilli par de charmantes bavaroises vêtues de leur plus belle robe. Que la vie est douce ! Elles me remettent ma précieuse médaille en forme de cœur.
Puis, c’est la bière à gogo avant un dernier obstacle : les marches ! Pitié ! Le stade est construit dans une cuvette alors, inévitablement, pour en sortir, il faut grimper ! Edith et Pascal me rejoignent. Je vois encore Edith, pliée en deux de rire  me demandant « Tu veux que je te porte ? » et Pascal « Mais qu’est-ce que t’as fichu ? ».
Abandonner, moi, jamais !!!!!

Munich, au COEUR de la Bavière (suite)

Puis, fiesta à Grasbrunn ! Bon et beau restaurant (Neuhauserstrabe) ! Enfin, nous pouvons savourer la très très bonne bière ! (ce n’est pas une légende). Retrouvailles des amis de longue date de chaque comité. Magnifique amitié ! Bernise avait organisé une remise de médailles pour chaque rheusois : un cœur en pain d’épice. Ce symbole de la générosité, qu’on trouve partout à Munich, reflète bien ce que nous ressentons. Oui, on nous a beaucoup donné.

Déjà sonne l’heure des séparations et c’est avec le cœur gros que s’amorce la cérémonie des au-revoir ! L’accueil chaleureux et la richesse des échanges nous donnent envie d’entretenir des liens au cœur de ces comités. Il ne s’agit donc bien que d’un au-revoir.

Pour terminer, une rapide visite, ô combien douloureuse mais joyeuse, du vieux Munich, accrochés au guide du Routard de Philippe ! Petites emplettes, et en route pour l’aventure du retour … passer de train en train…. pas toujours les bons, pour retrouver le chemin de l’aéroport !

A la question «pourquoi courez-vous? »: on peut enfin répondre. C’est pour courir le monde, être transporté, aller plus loin… pour que la découverte et la rencontre soient au cœur de l’effort… et puis de toute façon, il paraît que c’est bon pour le cœur !

Pascal, Franck, Edith